Compte rendu du staff Évaluation psychologique 

04 décembre 2007

 

 

Antenne Médicale de prévention et de prise en charge des Conduites Dopantes

9, bis rue de Bouillé  44000 Nantes

www.dop-sante.net

N° Vert : 0.800.880.504

Mail : amcd44@voila.fr

Présents : Amélie AOUSTIN (AMCD), Claire APIOU (CREPS Nantes), Sandrine BICKERT (CHU Angers), Fabrice BRYAND (FCNA), Marie GOMEZ (psychologue), Didier GUERIN (DRDJS), Bertrand GUERINEAU (AMCD), Noël Henri HAMEL (Comité Territorial de Rugby), Marie Carole PARUIT (CHU Nantes, pôle tennis, tennis de table), Stéphane PRETAGUT (AMCD), Michel PREVOT (Ligue de Cyclisme), Virginie SEMLALI-BRAULT (CH Laval)

Absents excusés : Luc BONTOUX (Comité Régional Handisport), Nicolas CHEVREUIL (Ligue Motocyclisme), Maryse DUPRE (Pôle Espoir Volley), GUYON (Ligue de Basket Ball), Dr. HUBERT (Ligue de Badminton), Philippe LEHARLE (Ligue Régionale d’Aviron),  Michelle POTIRON (IRMS), Bertrand ROUSSEAU

 

Rappel de l’objet de la réunion

 Les évolutions législatives récentes (arrêté du 16 juin 2006 fixant la nature et la périodicité des examens médicaux), soulignent l’obligation pour tout sportif de haut niveau ou inscrit dans les filières d’accès au haut niveau de réaliser une évaluation psychologique annuelle lorsqu’il est majeur et biannuelle lorsqu’il est mineur.

La réunion, organisée par l’AMCD des Pays de la Loire en collaboration avec l’IRMS, avait pour objectif de réunir l’ensemble des professionnels concernés par les évaluations psychologiques afin de discuter des modalités de réalisation et de la suite donnée à ces évaluations.

 

 Difficultés rencontrées par les différents professionnels

 Cette réunion a suscité beaucoup de réactions de la part des professionnels présents qui ont exprimé leurs difficultés et leurs questionnements dans la réalisation des évaluations psychologiques.

 Difficultés liées au temps

Certains professionnels ont évoqué le manque de temps du côté des soignants et des sportifs pour réaliser les évaluations psychologiques. En effet, une évaluation dure en moyenne une heure et pour une structure prenant en charge beaucoup de sportifs cela représente beaucoup de temps.

Par ailleurs, il apparaît parfois difficile de trouver du temps libre chez les jeunes sportifs entre l’école, les compétitions et l’entraînement. Cependant, il a été rappelé que les évaluations ne représentent que deux heures dans l’année d’un sportif et que les structures sportives doivent comprendre qu’il est nécessaire de libérer du temps pour ces évaluations.

Difficultés financières

Certains professionnels ont évoqué des problèmes pour financer les évaluations psychologiques, notamment pour le personnel les conduisant. La DRDJS a rappelé qu’une enveloppe spécifique est dédiée au financement de ces évaluations.

Cependant, les structures qui ne sont pas reconnues comme haut niveau ne bénéficient pas de cette enveloppe. Ainsi, le Comité territorial de rugby fait part de ses difficultés à justifier la mise en place d’évaluations psychologiques, de même que les clubs professionnels, alors qu’ils rencontrent régulièrement des situations complexes à gérer. Il est rappelé qu’il existe une consultation de psychopathologie du sport à l’IRMS chaque mercredi et vendredi, et qu’un délai convenable peut être proposé pour un rendez-vous. Si ce délai apparaît trop long devant l’urgence d’une situation, il peut être raccourci et un rendez-vous sera proposé dans la semaine (signifier alors l’urgence de la demande au secrétariat lors de la prise de rendez-vous et joindre si possible un courrier).

Difficultés liées à la culture des structures sportives

Des structures opposent une certaine résistance dans la mise en place des évaluations psychologiques. En effet, pour les professionnels présents, les problèmes psychologiques ne sont pas traités au même titre que les problèmes traumato ou cardio. Ainsi, dans le cyclisme, des fonds importants ont été accordés pour la réalisation de bilans biologiques mais les évaluations psychologiques restent rares et peu formalisées.

Par ailleurs et actuellement, les financeurs n’opèrent pas de contrôle sur la réalisation des évaluations. Personne n’est en mesure de dire quelle est la part réservée effectivement à l’évaluation psychologique et quelle est celle consacrée au suivi médical, à partir des dotations « globales ». A cet effet, la DRDJS va se doter d’une base de données Intranet concernant le suivi psychologique des sportifs accessible aux ligues, sportifs et à la DRDJS. Cette base de données permettra de savoir si l’évaluation psychologique a été effectuée, quand et par quel praticien.

Difficultés liées au statut et à la compétence des professionnels concernés

Les médecins de pôles sont souvent sollicités par les sportifs qui leur font confiance mais se retrouvent parfois désemparés face à certaines situations

            Par ailleurs, les médecins et psychologues exerçant dans des structures sportives sont confrontés à leur double casquette, devant assurer à la fois le suivi psychologique (et/ou la préparation mentale) et la santé mentale des sportifs suivis.

La question des personnes compétentes pour effectuer les évaluations psychologiques a été posée. Il a été rappelé que les évaluations sont réalisées à l’initiative du médecin de la structure, qui a reçu au préalable une formation, ou par le psychologue travaillant avec le médecin et inscrit sur la liste ADELI (liste garantissant le diplôme de psychologue). Cependant, certains professionnels pensent que la formation reçue n’est pas suffisante pour assurer une réelle évaluation psychologique et se sentent parfois limités dans leur diagnostic.

Difficultés d’assurer un lien entre professionnels

Une majorité de professionnels s’accorde à dire qu’ils n’ont pas de retour de la part des psychiatres libéraux et psychologues suivant les sportifs en dehors des structures. Ce lien est pourtant essentiel car un sportif évalué une fois par an (voire deux dans le meilleur des cas) pourra présenter des difficultés à un autre moment de l’année, et c’est alors que la qualité de ce lien prend toute sa valeur (permettant des allers et retours d’informations, une prise de rendez-vous rapide pour faire le point, le positionnement du psychologue ou du psychiatre concernant chaque situation et ses éventuels risques associés…).

Ainsi, il n’y a pas de suivi et de lien avec les médecins de pôles. Les psychiatres libéraux invoquent le secret médical et ne veulent pas toujours informer les soignants en lien direct avec les sportifs. Cependant, il semble qu’ils peuvent les informer sur les facteurs de vulnérabilité d’un sportif ou sur les risques potentiels sans dévoiler trop d’informations personnelles.

Par ailleurs, des professionnels ont fait part d’un manque de lien entre les structures sportives elles-mêmes qui ne se transmettent pas les dossiers lorsqu’un sportif change de structure.

Certains professionnels rencontrent également des difficultés dans l’orientation des sportifs vers des psychiatres ou psychologues dont la présence est limitée sur certains territoires. L’un des objectifs étant d’orienter les sportifs vers des prises en charge adaptées. Mais force est de constater que cette mission reste délicate à mettre en forme dans certains cas.

Il est rappelé que l’AMCD propose un suivi psychologique (gratuit pour le sportif ou pour la structure qui l’accueille) dans le cadre de ses missions de prévention et de soin, dès lors que l’évaluation psychologique a révélé une problématique psychique.

Perspectives

Cette réunion a permis de soulever certaines difficultés rencontrées par les différents professionnels dans la réalisation des évaluations psychologiques.

Cette réunion va être pérennisée à raison de 3 ou 4 réunions par an afin d’aplanir ces difficultés et de réfléchir aux modalités de réalisation des évaluations psychologiques.

Ainsi, l’étude de dossiers et de dispositifs d’évaluation réalisés dans d’autres régions, la réalisation d’une grille commune d’évaluation et la réflexion autour d’une formation continue pour les médecins pourront être discutés lors des prochaines réunions.

Un travail méthodologique sera proposé autour des différents outils utilisés. L’objectif pourrait être de dégager les contours d’une procédure « type » sur la région des Pays de la Loire.

 

 

La prochaine réunion aura lieu le mardi 8 avril 2008 de 14h à 16h (voir convocation jointe).